Test micros SP Custom ’54

Salut à tous,

depuis que nous avons lancé The Monsoon, le style rock/folk/blues/southern du groupe m’a permis  de ressortir ma strat, ce qui tombe bien car il s’agit de ma guitare préférée. Première gratte de qualité que j’ai eu vers 17 ans, il s’agit d’une Fender USA série limitée Matching Headstock (couleur de la tête assortie au corps) de 1995.

Cependant, à la fois en répète et en enregistrement, je me suis retrouvé limité par le comportement des micros Fender d’origines, les mêmes équipant les modèles de la gamme American Standard. J’ai donc décidé d’offrir un nouveau set à la belle pour ses 22 ans, et je me suis tourné vers la marque française SP Custom, qui réalise des micros haut de gamme à la main. Pourquoi SP Custom : sans être chauvin, je pense que c’est important à produit/qualité égale de faire bosser les entreprises locales plutôt que d’aller chercher un produit à l’autre bout de la planète. De plus Jérémy est un gars super sympa, passionné et très à l’écoute des clients. Et enfin, son boulot est top, et ça se ressent dans le nombre croissant de marques et de luthiers qui équipent d’office leurs instruments de ses micros.

Une fois le choix de la marque réalisé, et avant de m’attaquer bille en tête au choix précis des micros au sein de la gamme SP Custom, j’ai fait le point sur les propriétés de la lutherie de la strat : en effet cette guitare est assez lourde, un peu trop pour une gratte en aulne, et elle manque de l’attaque et du claquant typique des strat. Par contre, elle a naturellement de grosses basses et un médium assez plein, ce qui lui donne un son assez moderne avec beaucoup de corps. De fait elle se comporte très bien avec les overdrives/distos avec un grain riche et plein.

Mon soucis avec les micros d’origine, c’est qu’ils amplifient ces caractéristiques au lieu de les compenser, et manquent surtout « d’air », c’est à dire que les aigus sont comme voilés, donnant un son plutôt doux manquant de niaque et surtout de présence dans le mix si je n’attaque pas assez fort au médiator, ce qui n’est pas mon jeu… Hors s’il y a une caractéristique essentielle dont j’ai besoin au sein de The Monsoon, c’est bien de cette présence, de cette capacité à faire entendre les notes sans rentrer en conflit avec l’autre guitare, sans être plus fort que les autres instruments, et surtout sans venir me placer au devant du chant.

Je me suis donc orienté vers les modèles ’54, les plus vintages, au niveau de sortie un peu moindre et aux basses contenues. En répète ou en enregistrement, ils laissent plus de place dans le mix pour la basse en particulier. Pour autant, la guitare ressort mieux, car plus présente sur les fréquence où elle est la plus utile au son global du groupe. La dynamique accrue permet de gérer le volume juste en dosant l’attaque main droite, et ça c’est plus qu’intéressant. Ça donne aussi beaucoup d’expressivité dans le jeu.

Ci dessous quelques comparatifs entre les micros Fender US American Standard et les SP Custom SmokeyClub ’54 de leur nom complet.

Les positions correspondent à :
1 : micro chevalet seul2 : micros chevalet + centre
3 : micro centre seul
4 : micros manche + centre
5 : micro manche seul

La chaine d’enregistrement est la suivante : guitare –> Tête d’ampli Victory V100 –> load-box/DI/atténuateur Two Notes Torpedo Captor –> logiciel d’enregistrement REAPER + plugin Two Notes Wall Of Sound de simulation d’un baffle 2×12 monté en Celestion Creamback G12H75. Pas de traitement à part la réverb de l’ampli réglée soft, toutes les prises ont été enregistré au mêmes volumes (ampli, carte son, piste sur le logiciel…).

Je vous laisse écouter tout ça, et on se retrouve après pour quelques infos complémentaires.

Comparatif en rythmique.

Comparatif en arpèges

Comparatif en jeu mélodique

Première remarque : soyons objectifs, selon les positions les différences ne sont pas forcement flagrantes, surtout si vous n’avez pas un système d’écoute vraiment pointu. Déjà, il faut noter que les micros de base sont tout sauf pourris, et m’ont contenté plus de 20 ans, ce n’est pas pour rien. De plus le caractère de l’ampli, puis de la simulation de baffle, vont amener une couleur commune quelque soient les micros. C’est pour moi sur les basses que la différence est flagrante. D’ailleurs, je trouve même que la position 1 (micro chevalet) ressort plus flatteuse avec les micros Fender, alors que testé ce matin en répète, les SP sonnent moins métalliques et plus vivant.

Petit comparatif fréquentiel des 2 micros manches avec un logiciel dédié, on retrouve bien les différences dans les graves, et la chute de volumes à partir de 5kHz plus rapide sur le Fender.

Deuxième remarque : la dynamique, gros point fort des SP Custom, se ressent bien plus en jouant devant son ampli. Du coup, pour illustrer cette différence, voici un extrait du rendu graphique du logiciel d’enregistrement, on se rend bien compte que les micros Fender ont beaucoup moins d’amplitude maximum et compressent plus, ce qui donnent ce coté plus plein. Les « peak » plus élevés sur les SP Custom, déjà visible sur l’analyse fréquentielle, confirment visuellement le caractère plus dynamique et claquant.

Afin de mettre vraiment les micros en situation, j’ai ré-enregistré mes parties sur le morceau Eole’s Den de notre démo. Aucune comparaison objective possible là dedans, car les prises précédentes étaient réalisées avec un P90 en manche sur une copie Les Paul, et la chaine d’enregistrement est différente (simulateur d’ampli contre vrai ampli + simulateur baffle). Cependant, ça illustre parfaitement ce que je cherchais à obtenir : un bas du spectre beaucoup moins lourd et un côté plus « fin » mais plus punchy.

Pour finir, j’espère que ce premier article vous a intéressé, n’hésitez pas à réagir sur Facebook ou ici, directement dans les commentaires. A bientôt pour un nouvel article.

PS : désolé pour la qualité approximative du jeu, j’étais malade et avec une migraine terrible et mon sens du rythme s’en est gravement ressenti. Mais bon, maintenant que les micros sont changés, pas moyen de ré-enregistrer les anciens 😉

Orange Rockerverb 50 Head

Salut à tous,

mon frangin habitant un trou paumé, je suis chargé de vendre sa tête Orange Thunderverb 50, état parfait : jamais sortie de la maison, malheureusement très peu utilisée (d’où cette vente). Je vous ai enregistré quelques samples de la bête, histoire de montrer comment ça sonne et par là même que l’ampli est parfaitement fonctionnel.

J’ai utilisé une copie de Les Paul équipée d’un Gibson P94 en manche (P90 format Humbucker) et d’un Bare Knuckle Black Dog en chevalet. J’ai branché l’ampli dans mon nouveau jouet, la load-box/DI/atténuateur de chez Two Notes : le Torpedo Captor. Enfin, le tout rentre dans mon DAW via ma carte son et j’utilise le plugin Wall Of Sound (toujours de chez Two Notes) pour simuler une prise de son sur un baffle4x12 monté en Celestion Creamback G12H75.

Fiche technique

Puissance : 50 Watts
Canaux : 2
Lampes de préampli : ECC83 (x4)
ECC81 (x2)
Lampes de puissance : EL34 (x2)
Contrôles :
Canal A : Gain, bass, Middle, Treble, Volume
Canal b: Gain, Shape, Volume
Attenuator Control: Actionnable via footswitch sur les deux canaux.
Reverb control: Actionnable via footswitch sur les deux canaux.
boucle d’effet : Oui, avec une lampe ECC81
Sorties HP : :
16 ohms (1x)
8 ohms (2x)
Origine : Grande-bretagne
Dimensions (cm) : 55 x 26 x 28
Poids : 24 kg
Gainage Orange

C’est quoi, une crise de GAS ?

Bonjour à tous,

je vous souhaite la bienvenu sur ce blog nommé « Crise de GAS« .

Tout d’abord, qu’est-ce donc cet acronyme ? Il s’agit du syndrome d’acquisition de matériel, autrement connu sous son appellation anglaise G.A.S (pour Gear Acquisition Syndrome) –> Wikipedia

Eh bien oui, en tant que passionné de musique depuis son adolescence, qui a bossé presque 10 ans en magasins d’instruments, qui a joué dans différents groupes au clavier et à la guitare, qui est attiré par l’aspect technique du matériel et qui a un petit côté geek, autant vous dire que je suis largement touché par ce fléau !

Instruments, amplis, matériel d’enregistrement ou de sono, logiciels, accessoires… On en a jamais assez ! A moins d’être un pur collectionneur ou un acheteur compulsif irrécupérable, tout le challenge réside dans la pertinence des choix en fonction de ses besoins réels. Ce qui représente un paquet d’heures (jours/mois/années ?) de sa vie à courir les magasins, écumer les sites et forums, lire la presse spécialisée, bouffer des tests et comparatifs, pour au final vivre de grands moments de bonheur, mais aussi parfois quelques déceptions et frustrations, sans parler du doute et des insomnies !

Bref j’adore parler de matos et échanger avec d’autres musiciens, j’ai depuis longtemps en tête de le faire via un blog. N’ayant toutefois aucune prétention de détenir une quelconque vérité, surtout dans un domaine aussi subjectif que la quête du son/matos ultime au combien personnelle à chacun, c’est par le biais de par mon activité de compositeur/guitariste/home studiste au sein de The Monsoon, groupe de rock/folk/blues/southern du sud de la France, que j’ai choisi d’aborder le sujet. Ainsi, quand une question ou problématique concrète se posera à moi, je partagerais mes réflexions et tests, avec comme objectif de vous laisser vous faire vos propres opinions, et vous permettre de réagir et échanger via les commentaires.

A très bientôt !

Yoann